Mademoiselle à la folie, de Pascale Lécosse

Résumé :

Catherine danse au sommet de sa vie. Fantasque et admirée, elle a embrassé les acteurs les plus séduisants, joué dans les plus grands films. Elle aime les autres éperdument et distraitement. Jean, son amant éternel, ministre dûment marié. Mina, son assistante, sa confidente, sa meilleure amie. Mina qui ne lui passe rien, Mina qui lui permet tout.
Pourtant, un jour, les coupes de champagne à onze heures du matin, les coups de tête irrésistibles : même Catherine n’y comprend plus rien. Tout va trop vite, tout s’embrouille. Mina fera tout pour protéger Catherine de la maladie qui ne dit pas son nom.
Car Mademoiselle veut jouer son rôle jusqu’au bout. Un peu, beaucoup, à la folie.

 

Sur l’auteure:

Pascale Lécosse a gagné l’édition 2016 du Prix Concours MonBestseller de l’Auteur Indépendant. Vous pouvez consulter la page de l’auteure, ici.

 

 

A lire avec un bon thé au jasmin (ou autre selon vos goûts) et des bonbons au caramel beurre salé 🙂

 

Mon avis :

Mademoiselle à la folie est le premier roman de Pascale Lécosse. Ce livre relate un lapse de vie de Catherine Delcour, une comédienne qui se voit progressivement perdre ses capacités cognitives.

Le titre de ce livre est d’une justesse frappante. Je crois comprendre que toutes les actrices sont appelées Mademoiselle et ce titre impose une dualité de sens extrêmement intelligente : Mademoiselle à la folie car actrice de corps et âme souffrant (aimant) cette liaison au théâtre, à la comédie, à la représentation et Mademoiselle à la folie insinuant la folie de la maladie ; la démence provoquée par les pertes de mémoire (l’expression d’ailleurs c’est dément ! qui implique une inconscience, un manque de jugement, une incapacité à faire des liens banaux).

Nous suivons donc Catherine Delcour et Mina Flamand. Catherine souffre de cette maladie dégénérescente qui vole les pans de la mémoire, surtout la mémoire courte et qui, pour une professionnelle du théâtre, signifie une carrière à la mort certaine.

Mina Flamand est sa fidèle assistante ; son amie et confidente.

Jean est l’amant de Catherine. Ministre de la Culture, il passe son temps entre ses obligations professionnelles, sa propre famille et Catherine. Il est le personnage détestable, car à l’attachement inévitable que nous ressentons vis-à-vis de Catherine s’oppose le caractère détaché et hautain de l’homme qui n’a su choisir.

L’auteure a su mettre en scène cette maladie, sans jamais la nommer, qui bien souvent passe inaperçue pendant des années. Tout le monde perd la mémoire de temps à autre— on l’associe souvent à la fatigue ou à la dépression et l’entourage peine parfois à identifier les signes qui mettent en évidence un début de maladie qui malheureusement ne possède aucun traitement curatif mais qui peut, avec certains médicaments, être retardée et surtout, éviter des situations potentiellement fatales.

Ce roman est d’une justesse bien maitrisée en ce qui concerne les signes et les symptômes de la maladie e j’ai été impressionnée par la finesse des mots et des situations mises en papier.

La relation entre Catherine et Mina est le fruit d’années de cohabitation. Toutes les deux sont devenues si proches qu’on pourrait croire qu’elles ne pourront avoir d’autre relation que la leur.

Les dialogues sont percutants, Catherine possède une répartie que j’ai particulièrement appréciée. Mina n’en reste pas moins directe.

Le livre est recouvert de petites pépites en ce qui concerne les discussions entre Catherine et Mina ce qui met en évidence une relation si belle et si profonde…

Je ne veux pas spoiler le livre, mais je vous donne un exemple (parmi beaucoup) :

« — Mina, j’ai besoin de toi. Plus que jamais.
— Moi aussi !
— Peut-être mais c’est moi d’abord.
— Ah je te retrouve…
— Veinarde, moi, je me perds. (…) »

 

L’infirmière que je suis est impressionnée par la maitrise du thème, la lectrice que je suis est impressionnée par le fond et la forme.

 

J’ai passé un très bon moment et j’étais imprégnée dans ce bout de vie que l’auteure a si bien su nous immerger. J’ai tourné les pages avec curiosité et envie.

Une lecture courte mais intense!

 

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Son compte Twitter, ici.

 

Merci de m’avoir lu 😉
Isa

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