La Faucheuse

La Faucheuse de Neal Shusterman

Les commandements du Faucheur dans « LA FAUCHEUSE » :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

 » MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement ( » glané « ) par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.
Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre bien malgré eux…  »

 

Mon avis:

Un sujet tel que celui-ci doit être traité de façon à ce que la morale ne soit pas amochée. En effet, même si les Faucheurs sont intégrés dans ce monde futuristique (l’ère post-mortelle) dans un besoin spécifique à l’histoire, il n’en reste pas moins que des tueries sont perpétrées à répétition et pour un bien commun.
Je vais commencer par dire que l’auteur c’est débrouillée comme un maestro, un chef d’orchestre qui a su équilibrer l’ensemble des situations où les Faucheurs étaient en scène.
Tous les chapitres ont, il me semble, une situation de glanage. Et toutes, ont été traitées de façon correcte et avec une justesse qui sert complètement la construction de l’histoire.

Citra, personnage fort et à caractère trempé, est une jeune fille attachante. Lorsqu’elle rencontre le Maître Faraday, sa vie change et elle découvre le décor de la vie des personnages les plus importants de MidAmérique. Elle a toujours été cohérente dans son parcours et tout au long de l’histoire nous savons quels seront ces choix ce qui, dans un contexte comme celui-ci, est réconfortant.

Rowan est un jeune homme qui se sent moins bien dans sa peau. Il vient d’une famille nombreuse et se fiche pas mal de rester chez lui. Il a toujours fait profil bas, mais derrière sa carapace de garçon peu intéressé, il possède un grand cœur. Cœur qui sera mis à l’épreuve au milieu de l’histoire lorsqu’un tournant lui fera remettre en question sa force et sa volonté.

Maître Faraday est de loin le Faucheur qui m’a le plus ému. Il est une droitesse surprenante et d’une patience appréciée. J’ai beaucoup aimé son calme et sa maîtrise de soi, ses conseils et ses leçons de morale. Un maître, dans sa splendeur.
Le fait d’avoir accès au journal de bord de certains Faucheurs donne une emphase intéressante à la façon dont les personnages se sentent vis-à-vis de la mort et de leur labeur.

On comprend bientôt que rien n’est plus comme il se doit dans ce monde où la mort devient, bien plus qu’un besoin, une nécessité.

La fine ligne qui sépare le bien et le mal est bien représentée dans « La Faucheuse » Je suis admirative de l’intelligence et de la moralité de l’auteur. Véritablement, il a su faire de ce livre une histoire captivante, avec des messages et des jugements critiques sur combien il est facile de basculer de l’autre côté de la ligne. Combien il est facile de se convaincre que le mal est le bien. Combien il est difficile de rester intègre et discipliné dans une communauté en proie au changement, combien il est difficile de rester droit lorsque la sensation de pouvoir s’empare des actes et des pensées. Combien il est tordu d’ajuster la morale à son propre intérêt.

J’ai vraiment apprécié le fait que l’auteur ai travaillé le sujet de façon si juste car il est vrai, cette histoire aurait pu vite basculer dans la macabrerie.

Chapeau à l’auteur.

Vous pouvez retrouver ma note pour « LA FAUCHEUSE » sur Livraddict.

Ma review sur Goodreads

 

Merci de m’avoir lu
Isa

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