Florence Nightingale

l'histoire de Florence Nightingale

L’histoire d’une dame inspirante

« La Dame à la Lampe »

 

Tout d’abord, la raison pour laquelle j’écris sur cette femme qui a su faire évoluer la profession infirmière est que déjà, je suis infirmière et que de deux, j’écris un roman qui est inspiré sur elle.

La Dame à la lampe
Florence Nightingale était issue d’une famille aisée. Et comme toute fille de bonne famille, rien de l’a prédestinait à avoir une carrière telle que la sienne, surtout pas comme infirmière !
Née en 1820 en Florence (Italie), Florence Nightingale était la plus jeune de deux enfants. Provenant d’une famille fortunée, sa mère prévoyait un destin tout tracé comme n’importe qu’elle jeune fille bien élevée. Alors que sa sœur ainée se passionnait pour les arts, elle, passait son temps à faire des bandages à ses poupées. Si son père s’occupait d’alimenter l’intellect de ses filles, sa mère, elle, s’occupait d’en faire des bonnes maitresses de maisons. Mais dès son plus jeune âge, Florence Nightingale savait qu’elle serait vouée à prendre soins des autres, des nécessiteux, des miséreux ; elle trouvait qu’il y avait bien plus que se laisser vivre par les dictats de la société, et les différences sociales lui valaient bien des questionnements.
A l’âge de 17 ans (1837), alors qu’elle s’occupe de son entourage frappé par une grippe importante, elle reçoit, peu de temps après, ce qu’elle appelle être « un appel de Dieu », elle comprit qu’elle serait infirmière.

La carrière d’infirmière était destinée aux « laissées pour compte », aux pauvres et ivrognes. D’ailleurs, le livre le dit : « Être infirmière n’était ni une carrière ni une profession ; c’était une besogne dégradante, bonne pour les femmes de bas étage, vulgaires et souvent immorales, des laissées-pour-compte. Ce n’était pas une occupation digne d’une jeune fille de « bien ». Des femmes trop âgées, trop fragiles, trop souvent ivres et voleuses et trop laides pour pratiquer un autre métier ».
On comprend mieux pourquoi à l’époque ses parents ne comprenaient pas cette vocation si puissante qui lui empêchait de devenir ce que la société attendait d’elle. Mais elle insista et à l’âge de 24 ans (1844), elle réalise une formation de nurse en Allemagne. Elle travailla ensuite dans un hôpital à Londres, où ses qualités furent vite reconnues.
C’est aussi grâce à ses diverses connaissances qu’elle développe tout au long de ses plusieurs voyages qu’elle pût réaliser son objectif et devenir infirmière.

Mais c’est avec la guerre, la guerre de Crimée (1853-1856) où elle y passa 22 mois, qu’elle développa sa vocation. Convoquée par le Secrétaire de la Guerre en 1854, elle recruta une trentaine d’infirmières. Et c’est en voyant les hôpitaux si vétustes et la prise en charge délabré des soldats qu’elle pût se rendre compte de la nécessité de son intervention. Elle y découvrit des soins malmenés, réalisés à même le sol, devant tous les autres soldats, entre cris insupportables de ceux qui se faisaient opérer sans anesthésie et les autres qui hurlaient de douleurs car celles-ci étaient considérées à l’époque comme naturelles et nécessaires. Les soldats se trouvaient dans des conditions d’hygiène insalubres, avec de l’eau non potable, des espaces non aérés, des linges sales et ustensiles médicaux non lavés qui passaient entre plusieurs patients, sans parler des soldats peu ou pas nourris, laissés le plus souvent dans leurs propres excréments car la toilette n’était pas réalisée et l’accès aux sanitaires (des latrines à l’époque) ne se faisait que si le patient avait la force de s’y conduire. Elle comprit que les soldats y mourraient à cause d’infections causées par leur hospitalisation plus que par les blessures acquises en combat.

Très vite, elle comprit la nécessité d’une hygiène adéquate, elle lava et nettoya les espaces. Elle instaura la nécessité d’une aération des chambres, elle trouva de l’eau potable pour les patients, elle décida que les bandages et les linges de lit devaient être lavés et bouillis entre chaque patient et elle demande à ce que les malades aient des repas chauds pour améliorer leur capacité de guérison. Elle a même eu de l’aide d’un cuisinier (français) renommé de l’époque pour cuisiner pour ses soldats. Cela démontre bien le travail de réflexion de cette infirmière……..

C’est avec elle que la notion d’« Hygiène » et « Prévention » est instauré en milieu hospitalier (bien avant Pasteur qui a fait connaître la théorie des germes en 1878, donc plus ou moins une vingtaine d’années avant), c’est pour cela que même si c’est peu répandu, certains auteurs disent que les avancées de Nightingale à ce sujet étaient tout aussi importantes que les découvertes de Pasteur mais bien moins connues.

Florence Nightingale

Florence Nightingale passa toutes les nuits vers chaque patient. Elle essaya tant bien que mal de les réchauffer pendant les nuits glaciales en leur massant et frottant les pieds. Mais surtout elle comprit la nécessité de l’accompagnement. Accompagnement par l’empathie, elle leur parla, les réconforta, et leur donna ainsi un semblant de reconnaissance en tant que personnes à part entière et elle accompagna les mourants refusant de les laisser seul pour traverser leur chemin final.
A cette époque, elle avait tout compris !
La « Dame à la Lampe » car elle passait dans les chambres la nuit avec sa lampe pour éclairer le chemin et voir les malades.
Son expérience des soins à la guerre, lui valut l’écriture de certains ouvrages et elle fut une pionnière dans l’élaboration et l’utilisation des statistiques pour les présentations des événements en soins.
En 1860, elle créa la Nightingale Trainning School for Nurses. Elle resta une consultante de référence pour la gestion des hôpitaux.
Ce fut la 1ère femme à recevoir La Croix de l’Ordre du Mérite par le roi Edouard VI.

Note :
Florence Nightingale était entre autres, une personnalité dite « tourmentée ». Elle était d’une certaine façon un peu folle et surtout très complexe. Perso, je pense qu’il faut être un peu fou pour choisir cette profession, alors à l’époque il est vrai que cela démontrait certainement une probable insanité mentale (!). Enfin, elle était avant-gardiste en même temps qu’elle n’était traditionnelle. Elle ne voulait pas l’émancipation de la femme, elle trouvait d’ailleurs qu’il ne fallait pas mélanger les devoirs de la femme et ceux de l’homme, le droit de vote n’était pas quelque chose qu’elle irait lutter pour (d’ailleurs elle en a eu l’occasion mais a refusé). Elle avait cette capacité à prendre soin des miséreux, à donner de l’amour à ceux dans l’infirmité mais elle n’éprouvait rien d’autre envers le genre humain. Comme le dit le livre « Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était donner. Or, on peut donner sans pour autant aimer… ».
Si nous avons aujourd’hui une profession d’infirmière, c’est en très large partie, grâce à Florence Nightingale ! C’est elle qui démontra le besoin de formation de la profession.

 

BIBLIOGRAPHIE: Gilbert Sinoué, « La Dame à la Lampe » – Une vie de Florence Nightingale, Folio (2009).

Merci de m’avoir lu 😉

Isabel

Laisser un commentaire